Voyage au pays de la Transition Française…

On 18 septembre 2012 by Nicolas Le Douarec
  • Le Trieves, territoire de moyenne montagne (entre 500 et 1200 mètres d’altitude) lové entre les massifs qui l’entourent de trois côtés est, selon Wikipedia :

« une région du sud du département de l’Isère, dans les Alpes françaises, délimiteé géographiquement :

  • au sud par le col de la Croix-Haute,
  • à l’ouest par la limite orientale du parc naturel régional du Vercors (Rochers du Baconnet ; Serpaton ; Vallée Basse de la Gresse) ;
  • à l’est par le cours du Drac et le massif du Dévoluy ;
  • au nord par le col du Fau. »

Bref, une région « cul de sac », une véritable forteresse naturelle. On ne va pas dans le Trièves par hasard.

Et c’est pour ça que cette région m’intéresse au plus haut point au delà de sa beauté époustouflante. C’est un véritable microcosme et ‘bouillon de culture’ des dilemmes de notre mobilité moderne.

Une trentaine de communes reliées entre elles par un réseau de départementales qui après l’exode rural de l’après guerre, sont d’abord devenues un lieu de résidence secondaire des grenoblois, et maintenant un pôle d’innovation économique et sociale dans la mouvance de la transition.

Considérons

Un territoire non seulement sans pétrole, bientôt sans station service (!), aux routes de moins en moins entretenues (la RN 75 a été déclassée en Départmentale en 2006), interloqué par un projet pharaonique de prolongation de l’A51 -encore inachevée a ce jour, en constante bataille avec la SNCF pour le maintien de sa seule ligne ferroviaire la reliant à Grenoble et Marseille.

Un territoire peu propice à la pratique du vélo au quotidien, tellement ‘rude’ que les Vélos à assistance électrique n’arrivent pas à faire face.

Bref, vous l’avez compris, un territoire dont la survie économique pérenne repose sur la bagnole…
Il n’y a qu’a voir le nombre de voitures garées dans le village de Mens un Dimanche de Foire Bio ! Plusieurs centaines, probablement un millier (et un Ane, il est vrai !).

…Un comble pour un territoire en transition.

Clairement le premier challenge de la région et de faire vivre et vibrer un tissu économique (y compris associatif) suffisamment actif pour maintenir les principales connexions routieres et ferroviaires. Entre le trourisme, l’agriculture de qualité et l’artisanat loccal, les conditions semblent réunies dans un monde qui devient locavore, et une ville demandeuse comme grenoble à portée de pierre, pardon de voiture…

Ce territoire pourrait facilement basculer aussi dans une automobilité apaisée, car les liens séculaires de solidarité et les valeurs d’entraides perceptibles au visiteur d’un jour semblent tout à fait propices au développement d’une automobilité plus collective, à base de covoiturage – que l’on appelle encore auto-stop ici, et de partage des voitures existantes, oui !. Il suffirait d’un pas grand chose d’impulsion politique, industrielle et servicielle pour offrir aux Trievois une  mobilité routière simple, efficace, rationnelle et résiliente, mais 40-50-70% partagée,

Imaginons…

…Un système mélangeant une sorte d’autolib intercommunal cette fois avec des Vehicules 9 places convertibles en utilitaires, des Mia Electrique 3 places (avec l’option chauffage surtout !), des navettes automatiques (si, si !) sans conducteur qui sillonent chaque commune, voire des tricycles électriques tous terrains et tous temps offerts à chaque habitant, et ce pour un dixieme du prix de la maintenance de certaines branches ferroviaires (tout en gardant la connexion aux metropoles, vitale)

Mais pour cela, il faudra jeter nos reflexes d’autosolisme propriétaire, et voir la région sous un angle nouveau….Alors ? On y va ?

En attendant, 50 persones ont rejoint CityzenCar et offrent 7 voitures a partager, et ca marche ! C’est un début.

P.S. prérequis, messieurs les opérateurs télécom, un réseau data GPRS fiable ne serait pas du luxe pour mettre de l’huile dans tout ça ;-) a moins que Sigfox s’en mèle….

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