Pas de voiture, pas de futur ? Plus si simple !
Si la voiture reste un des moyens de transport privilégié des français pour se déplacer localement, elle ne ferait plus rêver les jeunes générations (18-25 ans). C’est en tout cas ce que révèlent les résultats d’un étude commanditée par le GIE Objectif Transport public auprès d’Ipsos/logica Consultants. En représentant pas moins de 65 % des déplacements locaux contre 8% pour les transports publics avec plus d’un déplacement sur deux ne dépassant pas 3km, le « réflexe voiture » est bien présent mais ne fait plus pour autant figure d’idéal pour la jeunesse française.
Possession et usage : des freins économique et écologique
Ce tout-voiture apparent ne va pas sans une rationalisation de la possession et de l’usage de la voiture auprès des jeunes. La place de la voiture est donc repensée à la fois sous l’angle financier et écologique.
À l’heure où le pouvoir d’achat devient une préoccupation sensible, les frais liés à la possession et à l’usage d’un véhicule peuvent devenir prohibitifs qu’il s’agisse du coût du permis de conduire, du prix de l’essence ou encore des frais d’acquisition et d’entretien du véhicule lui-même. Les jeunes générations tendent donc à considérer le coût de possession d’une voiture avant d’appréhender le confort apparent de la possession d’un véhicule. La preuve : seulement un tiers des jeunes âgés de plus de 18 ans estiment primordial de disposer d’une voiture. Finalement, pourquoi vouloir posséder une voiture coûte que coûte quand on sait ce qu’elle coûte ?
Au-delà de l’aspect purement financier, ce sont également des préoccupations écologiques qui font écho dans le rapport à la voiture des jeunes. Ces derniers sont donc nombreux à plébisciter les transports en commun au détriment de la voiture attachant, pour 76% d’entre eux, de l’importance au fait que les transports publics sont moins polluants que la voiture ou le deux-roues.
Des usages qui vont contre celui de la voiture
Plus que des barrières financière et écologique, les jeunes aujourd’hui se heurtent à une barrière d’usage. La jeune génération cherche à conjuguer la fonction mobilité aux usages de la vie courante. Les jeunes se sont en effet approprié les espaces de mobilité comme des lieux de vie à part entière. Les transports s’appréhendent alors comme une prolongation à la fois de la vie scolaire, professionnelle et sociale.
Parmi les 18-25 ans, ils sont donc 35% à apprécier pouvoir profiter de ce temps de mobilité pour réviser un cours quand ce n’est pas pour terminer un devoir. Les jeunes sont également nombreux à vouloir satisfaire des besoins sociaux dans les transports : 82% apprécient de pouvoir profiter de ce temps pour envoyer des mails et des SMS et 57% pour passer des coups de fil. Enfin, la détente et les loisirs font partie intégrante de l’expérience mobilité des jeunes avec 78% d’entre eux qui aiment profiter de ce moment pour décompresser en écoutant de la musique ou lire (pour 52%) ou tout simplement pour piquer un somme (pour 8%). Il n’y a qu’un pas pour affirmer que les jeunes cherchent fondamentalement une vie après le transport !
La conscientisation du caractère financier et écologique de la possession et de l’usage d’une voiture et la réappropriation des espaces de mobilité comme des lieux de vie à part entière pourraient bien faire pencher la balance en faveur des transports en commun. Au final, 83 % des jeunes interrogés considèrent que tous aspects confondus (praticité, prix, rapidité, sécurité…), les transports en commun répondent mieux à leurs attentes.
Hélène Pouille
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